La Lettre n° 37, Supplément, p. 2
Quand 20 associations agissent ensemble
Article mis en ligne le 20 novembre 2005
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par Michel Riottot, Animateur du Collectif Val de Seine

Le Conseil général des Hauts-de-Seine vient de décider d’ouvrir l’enquête publique précédant l’aménagement de la voie rive gauche de Seine (RD 7), sur les communes de Sèvres, Meudon et Issy-les-Moulineaux. Dès la fin de l’année 2000, quelques associations se sont rencontrées pour agir ensemble à ce sujet. Cinq ans plus tard, le Collectif Val de Seine groupe 20 associations.

Le Collectif a pour objectif de dialoguer avec les pouvoirs publics Dans cette perspective, il a rencontré, le 16 septembre 2004, M. Patrick Devedjian, vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine chargé de la circulation et Mme Odile Fourcade, vice-présidente chargée de l’Environnement. La divergence des points de vue s’y est révélée totale. Mme Fourcade a, par ailleurs, préparé un projet d’aménagement durable des berges fluviales en vue de « rendre la Seine aux habitants ». Cette démarche que nous défendons serait sympathique si elle n’était incompatible avec le projet des services de voirie qui a pour base une route à deux fois deux voies, mangeant la quasi-totalité des berges actuelles et coupant, sauf en de rares points, l’accès des habitants au fleuve.

Plus grave, l’élargissement de la RD 7 à quatre voies aurait pour effet d’aspirer le flux routier. Les prévisions établies en 1999 par le Conseil général escomptent le triplement des flux, soit environ 80.000 véhicules par jour. Les nouvelles populations devant résider dans les prochaines années tant rive droite, sur les anciens terrains Renault de Boulogne-Billancourt, que rive gauche, à « Meudon campus » et à « Issy quai des Chartreux », contribueront à saturer le flux de véhicules des deux côtés de la Seine.

Plusieurs études scientifiques publiées en 2002 et 2004 mettent en lumière l’impact des gaz d’échappement dans plusieurs pathologies graves : accidents cardiovasculaires, asthmes, maladies des bronches et cancers. Ces études sont assorties d’indicateurs permettant de calculer le nombre de personnes susceptibles d’être victimes de ces maladies. Tandis qu’à nos portes la ville de Paris réussit à réduire le nombre de véhicules en circulation pour sauvegarder la santé de sa population, les pouvoirs publics des Hauts-de-Seine peuvent-ils faire fi de telles menaces ?

L’avenir du Val de Seine doit rester entre les mains de ses habitants et ne plus subir les projets municipaux ou départementaux qui tendent tous à augmenter la densité des constructions et des transports routiers. Le tramway T 2 est l’axe majeur des déplacements sur la rive gauche de la Seine. Il répond parfaitement à nos attentes, à l’inverse de la RD 7, porteuse de lourdes nuisances, qui doit être aménagée, notamment aux carrefours, mais sans être élargie et sans que les véhicules ne puissent, par des dépassements, y augmenter leur vitesse.

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