Rassemble les habitant(e)s des Hauts-de-Seine qui souhaitent s’informer, faire des propositions et entreprendre des actions collectives en matière de protection de l’environnement, d’amélioration de l’urbanisme et des déplacements.
par Laurent Pieuchot
Mardi 7 mars matin, à Boulogne, sur la voie rive droite de Seine. Comme d’habitude, je vais au travail en scooter. Ralentissement. Bouchon. Le Conseil général fait une enquête auprès des automobilistes, pour « améliorer les conditions de circulation et de sécurité ».
Cinq questions sur carte T. Questions bateau sur d’où vous venez et où vous allez, sur la fréquence et le motif du déplacement. Coeur du questionnement, la question 4, répondez par oui ou par non : « Souhaitez-vous un aménagement à deux voies par sens ? ou un aménagement à une voie par sens ? ou une amélioration de vos conditions de déplacement en transport en commun ? » Drôle de question à poser à des automobilistes qui ne sont justement pas dans les transports en commun. C’est comme demander à un consommateur à l’entrée du supermarché : Voulez-vous payer moins cher ? plus cher ? ou aller chez l’épicier du quartier ? La réponse des automobilistes énervés par l’attente inhabituelle est toute trouvée, pas besoin de penser. C’est totalement démagogique. Sur mon scooter, j’ai dû réclamer la carte et on a semblé me la donner avec regret ! J’espère que l’on consultera bien tous les usagers de la rue, piétons, vélos, autos…
Renseignement pris, le Conseil général des Hauts-de-Seine a lancé ce sondage afin d’évaluer la pertinence du projet de réaménagement de la RD 7 (voie rive gauche de Seine). Il a fait appel à un cabinet d’études qui a distribué aux automobilistes des cartes T à remplir et renvoyer par la poste. Ce jour-là, les points de diffusion étaient place de la Résistance à Issy-les-Moulineaux (sur la RD 7, rive gauche), au carrefour rue du Vieux Pont de Sèvres / quai de Stalingrad à Boulogne-Billancourt (sur la RD 1, rive droite, sens Paris-banlieue) et quai du Point du jour à hauteur de la rue de Seine (dans le sens banlieue-Paris).
Pourquoi tout d’abord, questionner sur la RD 1 et sur la RD 7 ? Pense-t-on élargir à quatre voies ces deux artères ? Quel résultat peut-on tirer de réponses induites dans ces conditions particulières ? Quelle représentativité par rapport à l’ensemble des riverains et autres usagers de la voirie ou des transports en commun ? Et puis, d’autres questions mériteraient d’être posées. Le réaménagement de la place de la Résistance (voir La Lettre n° 38, p. 7) convient-il aux usagers des bus 123 et 289 ? Qu’en pensent les usagers du tramway ? et les personnes qui circulent avec des poussettes ou des caddies ? Il faut souhaiter qu’une concertation approfondie et sans a priori se tienne enfin sur ces projets, animée par un commissaire enquêteur auquel on puisse parler.
Bien sûr, j’ai répondu aux questions. Mais je pense surtout qu’il faut limiter la place de la voiture, que ce n’est pas en élargissant les voies que l’on va mieux circuler mais bien en régulant les flux, en rabattant la circulation et en favorisant le stationnement près des transports collectifs pour ceux qui habitent loin, avec un développement massif des transports en commun dans les zones denses de proche banlieue. Bref une politique réfléchie et non un sondage d’opinion totalement décalé par rapport aux besoins de déplacement dans le Val de Seine.
Lai pairole du monde, y’ot eul’premier des partrimoenes (proverbe morvandiau contemporain).
CONSULTATION NATIONALE SUR L’EAU : du 02/05 au 02/11/05
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