Rassemble les habitant(e)s des Hauts-de-Seine qui souhaitent s’informer, faire des propositions et entreprendre des actions collectives en matière de protection de l’environnement, d’amélioration de l’urbanisme et des déplacements.
par Christiane Bernard
S’inscrit-t-il dans ce que le 21e siècle aura de meilleur pour l’habitat ? Pour le développement durable ? Pour la mixité sociale ?
Le « Fort numérique » naîtra de la métamorphose du fort militaire situé au sud de la commune d’Issy-Les-Moulineaux, sur le plateau, en limite de Vanves et de Clamart. Construit en 1842-1843, il est déclassé de longue date. Sa cession a fait l’objet, le 27 janvier 2006, d’un protocole entre l’État, la ville d’Issy et la SEMADS (Société d’économie mixte de l’Arc de Seine). Un lieu de mémoire rappelant l’histoire du fort sera édifié. Outre les bureaux de la Direction nationale de la Gendarmerie, le programme comporte une école, une crèche, 1.820 places de parking, des commerces et surtout 1.200 logements dont 225 logements sociaux, soit 18,75 %, une norme bien faible. Beaucoup trop faible si l’on tient compte du fait que, dans les préliminaires de l’opération, des logements sociaux vétustes vont être détruits.
La volonté de mettre les habitations de ce nouveau quartier aux normes de la Haute Qualité Environnementale (HQE) se décline en 14 points dont nous relevons les plus signifiants :
Chantier à faibles nuisances : Collecte sélective des déchets sur le site ; propreté du chantier ; réduction des nuisances sonores et bonne gestion des effluents.
Gestion de l’eau : Examen de la potentialité de récupérer les différentes eaux pluviales, ménagères et vannes ; réseau d’eau non potable pour l’utilisation de l’eau recyclée.
Confort hygrothermique : Il sera fonction de la température de chaque local, de son degré hygrométrique et de l’ensemble de la chaleur rayonnée par ses parois. Il s’ensuit une économie pouvant aller jusqu’à 7 % de la consommation d’énergie.
Toits végétalisés : Ils sont prévus pour quelques bâtiments.
Conditions sanitaires : Sur le chantier, la pollution sera limitée par l’utilisation maximale de produits montés à sec. L’été, des boîtes à vent permettront un bon renouvellement de l’air et le dégagement des poussières. Le terrain est a priori exempt de radiations et tous les locaux seront ventilés.
Les avancées sont certaines, sans rien de spectaculaire. On connaît mieux ! Rappelons que les normes HQE ne font pas actuellement l’objet d’une réglementation précise. Chacun peut s’y référer, mais il faut juger sur pièces.
La livraison des premiers logements n’est prévue qu’en 2010. Mais bien des questions se posent : Quelle sera la part des énergies renouvelables, en dehors de la production de l’électricité nécessaire au fonctionnement des petits appareils, type caméras de surveillance ? Y aura-t-il des pompes à chaleur ? Comment l’eau chaude sera-t-elle produite ? Quelle sera la part de l’eau récupérée ? Quel est le nombre de KW prévu par appartement ? Enfin, cette opération pose un problème d’ordre social. Le prix auquel les logements de ce nouveau quartier seront vendus transformera d’emblée le Fort numérique en ghetto de riches. Il serait opportun, dans un souci de mixité sociale, d’augmenter la proportion de logements sociaux [1]. Nous suivrons donc l’évolution de ce dossier avec toute l’attention qu’il requiert.
[1] Pour en savoir plus, voici le site d’une association qui milite contre la destruction des logements sociaux existants : alref.chez-alice.fr
Le nouveau quartier disposera d’une panoplie d’outils informatiques qui en feront une véritable « cité numérique ».
CONSULTATION NATIONALE SUR L’EAU : du 02/05 au 02/11/05
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