Rassemble les habitant(e)s des Hauts-de-Seine qui souhaitent s’informer, faire des propositions et entreprendre des actions collectives en matière de protection de l’environnement, d’amélioration de l’urbanisme et des déplacements.
par Pierre Chamblay
Suite au projet de relier le centre d’Issy-les-Moulineaux, desservi par le métro, au quartier du Fort par un téléphérique dans l’axe de la rue André Chénier, le STIF (Syndicat des transports d’Ile-de- France) a chargé la communauté d’agglomération Arc de Seine, présidée par André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux, d’organiser une enquête publique auprès de la population. Les documents techniques ont pu être consultés et les Isséens ont pu s’informer et s’exprimer au cours de réunions, avant de laisser par écrit leur avis.
Au vu des questions posées et des réactions en salle, on sentait beaucoup de réticence pour ne pas dire d’hostilité. Une triple opposition se dessinait. Celle des gens craignant le bruit et le caractère inesthétique du bloc bétonné logeant le terminus inférieur du téléphérique, quasi adossé au bâtiment 18e siècle de l’hôtel de ville. Celle des contribuables déplorant le coût du projet. Celle surtout des habitants du quartier des Épinettes [1] criant leur indignation. Eux aussi habitent les Hauts d’Issy, eux aussi sont mal reliés aux transports en commun, en l’occurrence à la station Issy du RER C. N’est-il pas choquant de construire une desserte coûteuse pour les futurs résidents du « Fort numérique » tandis qu’on laisse, et depuis longtemps, ceux des Épinettes remonter à pied, le soir après le travail, du RER à leur domicile ?
Les conclusions de la concertation préalable ont été présentées au Conseil de la communauté d’agglomération le 21 décembre 2006. Après élimination des avis anonymes et d’autres curieusement qualifiés de « doublons », 586 avis ont été retenus et classés ainsi : 45,9 % défavorables, 41,1 % favorables et 12,9 % neutres. Le projet est donc rejeté par une majorité relative de citoyens. En droit, ceci n’empêche pas les pouvoirs publics de donner suite à leurs plans. C’est tout de même une indication précieuse, comme le reconnaît le mensuel municipal Point d’Appui (janvier 2007, p. 5) dans un article qui parle non plus de desservir le seul Fort mais « de désenclaver le quartier des Hauts d’Issy/Les Épinettes/ Le Fort et de le relier aux infrastructures lourdes (ligne RER C, gare de Clamart, métro et T 2) par un système de transport performant, maillé et hiérarchisé ».
Ainsi se fait jour le projet d’une ligne d’autobus desservant les Épinettes et le Fort avant de descendre du plateau vers le métro, le tramway et le RER. Laquelle ligne passerait par la gare SNCF de Clamart. C’est la première fois, nous semble-t-il, que cette gare est évoquée dans la communication municipale isséenne. Or elle est située à exactement cinq minutes de marche de l’entrée actuelle du Fort (18, rue du Docteur Zamenhoff) et avec peu de déclivité. Un bus la relierait aux Épinettes également en cinq minutes. Elle pourrait donc devenir un point de passage majeur pour tous les habitants du plateau se rendant à Paris ou à Versailles. A peu de frais, le passage souterrain de la gare de Clamart pourrait être prolongé jusqu’en territoire isséen, rue du Chemin Vert, où des arrêts de bus sont aménageables. On attend maintenant que le STIF fasse connaître les conclusions qu’il tire de cette enquête publique.
[1] Dans ses tours dont la grande hauteur se remarque, le quartier des Épinettes loge quelque 4.000 personnes. Au Fort, on prévoit à terme 2.600 habitants.
CONSULTATION NATIONALE SUR L’EAU : du 02/05 au 02/11/05
Accueil