Rassemble les habitant(e)s des Hauts-de-Seine qui souhaitent s’informer, faire des propositions et entreprendre des actions collectives en matière de protection de l’environnement, d’amélioration de l’urbanisme et des déplacements.
Entretien avec Jean-Marc Brison, président de l’association ACTEVI
Vous vous êtes fait connaître avec le slogan « Touche pas à mon ciel », lorsque le maire, André Santini, a lancé l’idée d’un téléphérique entre le centre d’Issy et le Fort. Avez-vous quelque chose à dire au-delà de la défense des droits acquis par les « vieux » Isséens ?
Il n’est pas question de droits acquis ! Issy-les-Moulineaux a connu une forte augmentation démographique, ces quinze dernières années. Ce n’est pas un téléphérique qui va résoudre ses problèmes de circulation. ACTEVI a fait des propositions alternatives auprès du STIF et de la communauté d’agglomération Arc de Seine. C’est simplement une question de bon sens. Il faut faire évoluer la ville et ses transports en commun dans l’intérêt de tous, habitants actuels et futurs, habitants des quartiers denses et des quartiers pavillonnaires, etc. Suite à la concertation sur le téléphérique, la question majeure nous semble être : Comment améliorer la desserte des Hauts d’Issy par des transports en commun plus performants que le téléphérique sur les plans de l’efficacité, de la souplesse, du coût financier et du respect de l’environnement.
Le projet de téléphérique est soutenu par une pré-étude confiée à la RATP. Que répondez-vous à ses arguments ?
Cette étude présente deux défauts majeurs :
Elle est focalisée sur la desserte du futur quartier du « Fort numérique » et non sur l’ensemble des Hauts d’Issy.
Les arguments au nom desquels elle rejette le recours à l’autobus - « ligne de bus directe entre le Fort et la Mairie d’Issy » - sont, à notre avis, contestables car le trajet étudié cumule les inconvénients. Il utilise les voies les plus encombrées pour aboutir à la gare routière Mairie d’Issy qui est déjà saturée. Il s’en suit des temps de parcours longs et non fiables. C’est à se demander si cette option n’a pas été conçue comme un projet repoussoir.
Quels transports en commun proposez-vous pour les Hauts d’Issy ? Et d’abord, selon quel axe ?
L’axe à desservir doit inclure le quartier des Épinettes (place du Souvenir Français), le Fort et les stations ferroviaires proches : la gare SNCF de Clamart, la gare RER C d’Issy et, si possible, la station de tramway Les Moulineaux. Les moyens de transport à mettre en oeuvre sur cet axe doivent être étudiés. Ce peut être un bus classique de bout en bout. Ce peut être aussi un minibus électrique entre la gare de Clamart et les Épinettes (via le Fort) couplé avec des escalators en site propre (abrités du vent et de la pluie) des Épinettes à la gare d’Issy. En toute hypothèse, les trains en gare de Clamart devront être beaucoup mieux cadencés, ce dont la SNCF est consciente.
Oubliez-vous la ligne 12 du métro ?
Pas du tout, et je relève à ce sujet que M. le maire d’Issy a rappelé, en réunion de concertation, que le prolongement de la ligne 12 jusqu’au quartier de la Ferme, via la gare RER Issy, était inscrit au Schéma directeur de la région Ile de France. Un consensus est apparu sur l’opportunité de cette réalisation dont l’intérêt dépasse la ville d’Issy-les-Moulineaux. Les habitants de Meudon et de Meudon la Forêt, par le bus 289, seront concernés. De même certains Boulonnais, par le bus 123, et probablement certains Clamartois. C’est l’investissement public qu’ACTEVI soutient le plus fort. Il facilitera l’accès au métro pour un grand nombre de gens. Accessoirement, il enlève au téléphérique le peu d’intérêt qui lui restait.
Il conviendra alors d’adapter le nombre et la fréquence des moyens de transport mis en oeuvre sur l’axe « Gare de Clamart - Les Moulineaux T2 » tel que nous l’avons esquissé. Compte tenu de la topographie et de l’état de la voirie, il est beaucoup plus aisé de relier les Hauts d’Issy à la future station de métro de la place Léon Blum (RER Issy) qu’au centreville d’Issy.
Il existe aussi une demande de la population en faveur des bus 169 et 290, surtout l’attente du prolongement de la ligne 12 qui ne verra pas le jour dés demain…
ACTEVI n’oublie pas cette demande qui pourrait très rapidement être satisfaite par une navette de bus desservant tout le plateau et descendant au centre d’Issy. Il est paradoxal de constater que l’on veut construire un téléphérique alors que l’axe terrestre correspondant - les rues Chénier et Robespierre - est quasiment libre de circulation y compris aux heures de pointe.
On peut encore réfléchir à la création d’une ligne de bus parcourant Clamart et les Hauts d’Issy puis descendant par l’avenue du Général de Gaulle vers le métro Corentin Celton et la gare d’Issy Val de Seine.
ACTEVI souhaite que très vite un début de réalisation voie le jour afin que les habitants actuels des Hauts d’Issy sentent qu’ils ne sont plus des mal aimés et que tous comprennent que dans une ville dense comme la nôtre, les transports en commun sont seuls à apporter une solution durable et consensuelle au problème des déplacements urbains.
Trois membres d’ACTEVI ont été reçus par Me Mazé, huissier de justice qui conserve toutes les pièces relatives à la concertation sur le projet de téléphérique. Après un dépouillement et un classement aussi rigoureux que possible des pièces, ils ont constaté que 64 % des avis exprimés sont opposés à la création d’un téléphérique à Issy-les- Moulineaux. Ils espèrent que leur maire, qui a promis publiquement de ne pas édifier un tel équipement si la majorité des Isséens était contre, tiendra son engagement.
CONSULTATION NATIONALE SUR L’EAU : du 02/05 au 02/11/05
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