Rassemble les habitant(e)s des Hauts-de-Seine qui souhaitent s’informer, faire des propositions et entreprendre des actions collectives en matière de protection de l’environnement, d’amélioration de l’urbanisme et des déplacements.
par Pierre Chamblay
Le magazine gratuit diffusé par le Conseil général (CG) des Hauts-de-Seine titrait en décembre dernier : Vers une « Vallée de la Culture ». Cette formulation reprenait un propos de Patrick Devedjian dans une interview, un mois plus tôt : Je veux faire de la vallée de la Seine une vallée de la culture. Qui ne souscrirait à ce propos, en un siècle où la culture joue un rôle prépondérant dans la société et l’économie ? C’est par l’approche culturelle que les jeunes générations s’imprègnent de l’héritage social de leurs aînés. C’est aussi par la culture que les populations aux racines lointaines peuvent intégrer les valeurs de leur pays d’accueil sans renier le meilleur de leur ancien mode de vie qui ne peut s’exprimer désormais que dans la sphère privée. Il est bon que des sites soient dévolus au « vivre ensemble » qui transcende les générations, les milieux sociaux, les choix politiques et les appartenances confessionnelles. La vallée de la Seine, comme lieu de promenade, entre Paris et l’île de Chatou, peut y contribuer.
Toute la question est de savoir à quelles conditions et avec quels moyens. Transformer le tissu urbain coûte cher, mais si la collectivité le veut, elle s’en donnera les moyens. Unir les efforts des différents acteurs publics doit être possible dès lors qu’un projet clair et mobilisateur est défini. Il faut donc souhaiter que M. Devedjian réussisse à convaincre les responsables à tous niveaux du bien-fondé de son projet.
Mais la culture ne peut s’épanouir dans n’importe quel environnement. L’intérêt d’un site comme le Val de Seine, c’est de favoriser le contact avec la nature – grâce au fleuve, aux rives escarpées, aux espaces boisés – et avec l’histoire – grâce aux parcs publics, aux musées, aux manufactures anciennes et aux vestiges de l’ère industrielle. Il est essentiel que cet environnement soit protégé. Hier, les cheminées d’usines, par leurs déjections, le rendaient insalubre. Aujourd’hui, c’est le trafic routier qui est son principal ennemi. Pollution pollution par les particules fines : à tous ces niveaux, les voitures et les camions sont montrés du doigt comme des ennemis de la qualité de vie et en dernière analyse de la culture telle que nous en ressentons le besoin. La maîtrise du trafic automobile doit donc être l’un des préalables à toute orientation nouvelle de l’urbanisme.
Qu’on nous comprenne bien. Maîtriser le flux routier implique de le réduire pour réduire les nuisances. Nous avons besoin de nous déplacer ? Eh bien ! utilisons les voies ferrées et les circulations douces. Sans parler des autobus, surtout lorsque les lignes en sont bien cadencées. A ce propos, l’engagement du CG en faveur de la prolongation des lignes de tramway T1 et T2, et de la création de la ligne T8 (entre Châtillon-Montrouge et Viroflay, via Meudon- la-Forêt) est encourageant. Ce qui ne l’est pas, c’est le projet de mise à quatre voies de la RD 7 entre Sèvres et Issy-les- Moulineaux.
Il ne faut pas perdre de vue que la donnée de base qui fonde le concept de vallée de la culture, c’est l’heureuse présence d’un grand fleuve dans un site urbain dense. Comment aurons-nous plaisir à reposer notre corps, nourrir notre imaginaire et apaiser notre esprit au bord de l’eau si l’on est, en plus, au bord d’un ruban d’asphalte parcouru par des engins bruyants et nauséabonds ? Le Val de Seine doit subir, entre deux tunnels, l’autoroute A 13. Le contact avec le fleuve est impossible au nord du pont de Saint-Cloud où passe une quasi-autoroute. Pensons l’aménagement du site au sud où demeure un peu d’espace libre en privilégiant l’humain plutôt que l’asphalte, et les transports collectifs plutôt que les transports individuels dont les effets pervers sont connus de tous.
Voici à ce sujet la déclaration de Patrick Devedjian, président du CG, recueillie par Mickaël Bosredon, dans 20 Minutes du 23 octobre 2007 :
« Je veux faire de la vallée de la Seine la vallée de la culture, en aménageant les berges, en développant l’île Seguin, l’île Monsieur, le parc Saint-Cloud, les jardins Albert-Kahn, en rénovant la Manufacture de Sèvres, ce bijou mondial. Et je souhaiterais prolonger cela jusqu’à l’île de Puteaux, en développant, par exemple, des guinguettes sur les berges. Je veux mettre la Seine en valeur, permettre aux habitants de se la réapproprier, et développer les liaisons fluviales avec Paris ».
Non à une Vallée de la Culture en trompe l’œil !
A la lecture du dernier numéro de Val de Seine Vert, j’ai été interpellé par le titre du sujet traité en première page : "Oui à une vallée de la culture" ! Les termes exacts de Patrick Devedjian, président du conseil général qui n’est pas précisément connu pour ses positions environnementales.
Tout portait à croire que Val de Seine Vert s’alignait pour d’obscures raisons sur le CG 92. Ancien adhérant, ce n’est pas ce que j’attends d’une association qui s’est toujours montrée lucide et critique sur l’attitude des responsables du département quant au développement du Val de Seine en terme d’aménagement (de C.Pasqua à A.Santini en passant par N.Sarkozy ou JP.Fourcade).
A y regarder de plus près, l’article de Pierre Chambay reprend l’enveloppe-titre de la déclaration de P.Devedjian mais le met au pied du mur de son engagement :
veut-il vraiment entre la Manufacture de Sèvres et l’île de Puteaux développer des guinguettes au bord du fleuve" ? Sera-ce sous l’autoroute A13 ou en bordure de la quatre-voies ?
Sur cette portion de la vallée, je crois plutôt à la volonté dilatoire du président du CG92 de "passer le bébé" à Paris et au Bois de Boulogne (sur l’autre rive).
Concernant les îles et parcs voisins du fleuve, le CG, fort de ses ressources quasi-illimitées, veut étendre son emprise, contrôler les projets et intervenir –comme à Boulogne-Billancourt pour l’aménagement de l’île Seguin- en décideur unique au détriment des communes vassalisées.
Reprenons à notre compte le terme de Vallée de la Culture mais comme P.Chambay le suggère, jugeons de la véritable ambition du CG92 en terme d’aménagement harmonieux du Val de Seine sur le traitement définitif de la voie sur berge.
Faute des décisions écologiques courageuses à prendre sur ce sujet, on devra considérer que la Vallée de la Culture, version Devedjian, n’est qu’un projet de plus en trompe-l’œil pour faire passer les projets de développements à outrance de La Défense, des terrains Renault ou d’Issy les Moulineaux, mannes financières illimitées pour les promoteurs assistés de politiques qui leur servent la soupe.
NON A LA DESTRUCTION DU PARC DES GLACIERES
ET A L’ABATTAGE DE SES ARBRES !
OUI A UNE RENOVATION EQUILIBREE, RESPECTUEUSE DE L’ENVIRONNEMENT ET MOINS ONEREUSE !

CONSULTATION NATIONALE SUR L’EAU : du 02/05 au 02/11/05
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