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Dans le Journal du dimanche du 28 septembre 2003
Demain matin, Jean Hamon devrait quitter la prison de Fresnes et regagner son château des Yvelines A 68 ans, fortune faite dans l’immobilier -il a notamment été un des constructeurs du quartier de la Défense - l’homme est connu pour être un passionné d’art contemporain. Mécène et ami d’artistes réputés il possède l’une des plus belles collections en France.
Le 17 septembre, Jean Hamon a été discrètement mis en examen pour faux et usage de faux, abus de biens sociaux, escroquerie et recel de détournement de fonds publics par la juge d’instruction Nathalie Andreassian du tribunal de Versailles. Il a été incarcéré dans la foulée. Ses avocats Philippe Gumery et Ann-Philippe de la Giraudière, ont fait appel. Vendredi soir, ils ont obtenu sa mise en liberté. Mais il devra verser une caution de 30 000 euros, et il est soumis a un contrôle judiciaire assez strict.
Jean Hamon a été dénonce début juillet par le comptable de ses sociétés. Celui-ci se rend chez les policiers de la DRPJ de Versailles et révèle de fausses factures, des prêts bancaires litigieux ainsi que des achats personnels effectués par son patron aux frais de ses sociétés. Il évoque également un collaborateur d’André Santini, députe-maire (UDF) d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), qui est payé par une société de Jean Hamon. Cette société, ajoute le comptable, est financée par des fonds publics virés par le Syndicat mixte de l’Ile Saint-Germain. Le sujet devient sensible : ce syndicat a été créé par la commune d’Issy-les-Moulineaux, dirigé par André Santini, et le conseil général des Hauts-de-Seine, présidé par Charles Pasqua, dans le but d’ériger un musée d’art contemporain, la Fondation Hamon.
Annoncée voici deux ans, Fondation Hamon devait être inaugurée en 2004 à Issy-les- Moulineaux. Elle doit accueillir une partie de la fondation privée de Jean HAMON qui a effectué une grosse donation : 200 œuvres d’art. le tout est estimé à 8 millions d’euros. Pour l’instant le chantier est bloqué : des recours ont été déposés par des écologistes et des riverains soucieux de préserver le site choisi, sur l’Ile saint Germain.
Selon ses avocats, on peut uniquement reprocher quelques dépenses à Jean Hamon. « II est à l’abri du besoin, déclare Maître Gumery. En outre, il détient ses sociétés à 100%, et il en est responsable sur ses biens propres. A travers Jean Hamon, je me demande si on ne cherche pas à atteindre Santini et Pasqua. »
Le collaborateur du maire payé par Jean Hamon a été placé en garde à vue. « Ce monsieur a effectué un vrai travail, assure Maître Gumery. Il a organisé des visites pédagogiques au château de Jean Hamon, où sont entreposées les œuvres, en attendant que le musée sorte de terre. » Jean Hamon perçoit enfin un loyer pour la conservation et l’exposition des œuvres, qui est discuté par la justice mais légal aux yeux de M° Gumery. Jean Hamon a déjà été mis en cause dans un volet immobilier de l’affaire Elf. En 1991, il faisait partie des promoteurs intéressés à la vente d’un terrain du groupe Elf à Issy-les-Moulineaux. Cédé au groupe Thinet, ce terrain a été aussitôt revendu 50% plus cher à la SEM 92, dégageant au passage 10 millions d’euros de commissions occultes. Renvoyé devant le tribunal avec Alfred Sirven et les autres prévenus de l’affaire Elf, Jean Hamon attend son jugement.
CONSULTATION NATIONALE SUR L’EAU : du 02/05 au 02/11/05
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